
Il est presque minuit. Il y 2016 ans exactement, l’enfant Jésus est né. C’est un événement bien plus important que mon histoire avec une carpe et pourtant, la naissance du Sauveur m’est à peu près indifférente. C’est une carpe qui occupe mes pensées de manière obsédante. Elle occupe également ma salle de bains puisque je l’ai placée dans ma baignoire. De temps en temps, je lui rajoute un peu d’eau fraîche pour qu’elle puisse bien respirer. Elle agite sa queue en signe de reconnaissance.
De temps à autre, je caresse distraitement ses écailles. J’essaie d’être gentil avec elle puisqu’elle vit ses derniers instants. Elle doit mourir pour servir de repas de fête. Telle est la coutume chez les Tchèques. Ne me demandez pas pourquoi mes compatriotes ne peuvent pas se contenter de dinde comme tout le monde. Nous devons manger une carpe au Réveillon, sinon, ça ne va pas. Sans ce poisson plein d’arêtes dans nos assiettes, nous cesserions sans doute d’être Tchèques.








